Ottawa, le 27 juillet 2026 – Loin d’apaiser les inquiétudes concernant l’avenir de deux fermes de recherche de la Saskatchewan, le protocole d’entente (PE) récemment signé entre les gouvernements fédéral et provincial n’a fait qu’accroître l’incertitude chez les travailleurs et travailleuses, les producteurs et la communauté de la recherche agricole. Les fermes de recherche d’Indian Head et de Scott faisaient partie des sept centres de recherche agricole fédéraux dont la fermeture avait été annoncée plus tôt cette année, à la suite des coupes budgétaires imposées par le gouvernement Carney à Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC). Le Syndicat de l’agriculture représente 32 salarié-e-s d’Indian Head et de Scott, qui risquent tous et toutes de perdre leur emploi en raison de ces coupes. Ces fermetures ont été largement critiquées par les associations d’agriculteurs, le secteur de l’élevage bovin, les syndicats et les scientifiques.
Le PE, signé entre le ministre canadien de l’Agriculture, Heath MacDonald, et son homologue de la Saskatchewan, David Marit, permettra aux exploitations agricoles d’Indian Head et de Scott de rester des actifs productifs. Bien que les deux ministres présentent cet accord comme une avancée vers le maintien en activité de ces exploitations, le PE ne change guère la situation actuelle.
Les 32 membres du Syndicat de l’Agriculture travaillant dans ces fermes continuent de se voir annoncer qu’ils vont perdre leur emploi. Selon une note de service adressée aux employés le 20 juillet, « AAC poursuit le processus de cession requis à Scott et à Indian Head. L’accord permet à AAC et à la province de la Saskatchewan d’étudier des dispositions temporaires visant à soutenir les activités agricoles pendant que ce processus se poursuit. Le protocole d’accord n’a aucune incidence sur les décisions relatives au réaménagement des effectifs et AAC poursuivra la délocalisation et la réduction progressive des activités de recherche à Scott et à Indian Head, qui sont déjà en cours. »
Ces membres travaillent comme équipes d’entretien des terrains et des machines, technicien-ne-s de recherche, agent-e-s de terrain et administrateurs-trices. La recherche agricole nécessite de la continuité, ainsi que la collecte et l’analyse de données à long terme. Ni le gouvernement canadien ni celui de la Saskatchewan n’ont expliqué comment Indian Head et Scott pourraient continuer à fonctionner en tant que fermes de recherche alors que tous leurs chercheurs se voient mettre à la porte. Le ministre MacDonald peut bien essayer de présenter les choses autrement, mais le gouvernement canadien continue de réduire drastiquement ses capacités en matière de recherche agricole.
Un rapport gouvernemental adopté à l’unanimité rejette les coupes à la science
La fermeture de sept centres de recherche et fermes expérimentales a fait l’objet d’une étude menée par la commission parlementaire permanente de l’agriculture et de l’agroalimentaire au cours de l’hiver 2026. Les conclusions unanimes de cette étude, publiées en mai, recommandaient au gouvernement fédéral de « suspendre et de revenir sur la décision de fermer des centres de recherche agricole et des fermes expérimentales » et de « mieux comprendre l’impact scientifique et économique des fermetures proposées ». Elles recommandaient également que « le gouvernement du Canada explore d’autres possibilités de réduction des dépenses qui n’aient pas d’incidence sur les scientifiques de terrain afin de respecter ses engagements pris dans le cadre de l’Examen complet des dépenses ».
Le Syndicat de l’Agriculture est profondément consterné que le gouvernement canadien ait non seulement tourné le dos à ces données scientifiques, mais aussi à ce rapport unanime. Nous partageons également les inquiétudes soulevées par l’Union nationale des fermiers concernant l’avenir incertain de l’Unité de multiplication des semences (UMS) située à Indian Head. Comme l’a souligné l’Union nationale des fermiers, « le secteur céréalier canadien, qui représente plusieurs milliards de dollars, dépend de la capacité des agriculteurs à disposer chaque année d’un accès fiable à des semences certifiées de haute qualité. L’Unité de multiplication des semences est un maillon essentiel de la chaîne qui rend cela possible. » Le PE entre Ottawa et Regina n’est pas contraignant et aucune annonce publique n’a été faite indiquant que l’UMS de la ferme expérimentale d’Indian Head continuerait à fonctionner au-delà de 2026.

La perte que représente la fermeture des fermes de recherche d’Indian Head et de Scott est inestimable. Depuis plus d’un siècle, les agriculteurs de tout le pays, et en particulier ceux des Prairies, s’appuient sur les axes de recherche uniques de ces fermes. Par exemple, Indian Head a joué un rôle déterminant dans la mise en évidence et la promotion des effets positifs de l’agriculture sans labour, une technique conçue pour améliorer la santé globale des sols, réduire l’érosion et réaliser des économies de carburant et de main-d’œuvre. La ferme Scott est unique en son genre, car c’est l’une des rares fermes situées dans la zone des sols brun foncé des Prairies (plus frais, plus humides et plus fertiles). Ses études sur différents systèmes de culture, y compris la production biologique, qui utilisent diverses rotations et différents régimes d’intrants, ont joué un rôle fondamental pour l’économie de la Saskatchewan.
Le Syndicat de l’Agriculture soutient que ces fermes doivent être protégées en tant qu’institutions fédérales de recherche publique. À une époque marquée par l’insécurité climatique, l’inflation alimentaire et l’imprévisibilité économique, nous ne pouvons tout simplement pas nous permettre d’abandonner ces piliers de la sécurité et de la souveraineté alimentaires du Canada. Un protocole d’entente visant à préserver un actif productif ne suffit pas. Il s’agit simplement d’une mesure cosmétique destinée à masquer une perte pour la communauté agricole. Nous appelons le gouvernement fédéral à tenir compte des recommandations de son propre rapport et à s’engager à maintenir ces fermes de recherche en activité.
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