Le président national du Syndicat de l’Agriculture, Milton Dyck, a publié un éditorial percutant dans le Western Producer (une publication anglophone influente dans le milieu agricole canadien), dans lequel il soutient que les coupes proposées par Mark Carney à Agriculture et Agroalimentaire Canada entraveront la recherche agricole en cette période de changements climatiques importants et nuiront aux agriculteurs canadiens. L’article originale est en anglais, mais nous avons publié une traduction française ci-dessous.
8 octobre, 2025
Le secteur agricole canadien est une source de fierté nationale — il nourrit les familles, soutient l’économie et protège nos terres.
D’un océan à l’autre, les agriculteurs, les producteurs et l’industrie dépendent d’un solide système de soutien pour garantir que leurs produits soient sûrs, durables et concurrentiels.
Un pilier essentiel de ce système est Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC), ainsi que les fonctionnaires dévoués qui travaillent chaque jour pour appuyer l’agriculture canadienne.
Mais ce soutien est aujourd’hui menacé.
Les propositions récentes visant à réduire les dépenses fédérales peuvent sembler responsables sur le plan budgétaire. Mais pour ceux d’entre nous qui soutiennent les communautés agricoles et agroalimentaires, elles soulèvent de sérieuses inquiétudes.
Le Syndicat de l’Agriculture représente près de 2 500 employés d’AAC, tous essentiels à la santé et à la résilience de notre secteur agricole.
Ces travailleurs contribuent au développement de cultures résistantes à la sécheresse et aux maladies, soutiennent des pratiques agricoles durables et veillent à ce que le Canada demeure un chef de file mondial en matière de recherche et d’innovation agricoles. Ils sont la force discrète derrière les coulisses, aidant les agriculteurs à s’adapter aux changements climatiques, à relever les défis commerciaux et à améliorer les rendements.
Nos membres à AAC protègent l’ensemble de la communauté agricole canadienne.
Depuis l’annonce des compressions proposées par Mark Carney en juillet 2025, nous sommes en contact constant avec les responsables du ministère. Nous voulons empêcher les coupes, en particulier celles qui toucheraient des programmes comme Agri-stabilité.
Si des postes sont supprimés, les agriculteurs verront une baisse de la qualité des services sur lesquels ils comptent — notamment les programmes comme Agri-stabilité, que nos membres aident à mettre en œuvre.
Malgré la croissance de la population canadienne, les demandes accrues sur notre système alimentaire et notre dépendance au commerce international, les effectifs d’AAC ont diminué de façon constante au cours de la dernière décennie.
En 2012, AAC comptait 6 644 employés; en 2025, ce nombre est tombé à 5 690. C’est bien en deçà de l’augmentation de 30 % des effectifs dans l’ensemble de la fonction publique fédérale que le gouvernement cite souvent.
Cette érosion du soutien survient à un moment où les agriculteurs font face à des défis sans précédent — des conditions météorologiques extrêmes aux marchés mondiaux instables. Réduire la capacité d’AAC maintenant serait comme sabrer dans les effectifs des pompiers en pleine saison des feux de forêt : imprudent et dangereux.
Investir dans l’agriculture est une question de sécurité nationale. Nous devons nous assurer que les institutions qui la soutiennent soient adéquatement financées.
Les risques liés au sous-financement sont bien réels. Sans un soutien fédéral solide, nous risquons de prendre du retard en matière de recherche agricole, de perdre notre avance en résilience climatique et de compromettre la compétitivité des producteurs canadiens.
Les membres du Syndicat de l’Agriculture sont fiers de servir l’agriculture canadienne. Ils travaillent aux côtés des agriculteurs, soutiennent les communautés rurales et veillent à ce que notre système alimentaire demeure solide et sécuritaire.
Mais ils ne peuvent pas faire plus avec moins. Ils ont besoin de soutien, pas l’austerité.
Si M. Carney et les autres dirigeants veulent réellement bâtir un Canada plus fort, ils doivent reconnaître que l’agriculture est vitale pour notre pays. Investir dans l’agriculture, c’est investir dans nos communautés et notre avenir.
Nous exhortons les députés à rejeter les compressions à courte vue qui mettraient en péril notre système alimentaire. Investissons plutôt dans les personnes et les programmes qui permettent à l’agriculture canadienne de prospérer.
Milton Dyck est le président national du Syndicat de l’Agriculture.
