Ottawa, le 7 octobre 2026 – Un syndicat représentant les inspecteurs et inspectrices de l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) tire la sonnette d’alarme quant aux vulnérabilités de notre système alimentaire, à la suite d’allégations selon lesquelles le géant agricole américain Driscoll’s aurait sciemment expédié au Canada des millions de baies dont les teneurs en pesticides dépassaient largement les limites légales nationales. Le Syndicat de l’Agriculture, qui représente 4 000 employés de l’ACIA, affirme que l’affaiblissement de la Food and Drug Administration (FDA) américaine par Trump devrait servir de signal d’alarme à Mark Carney et l’inciter à revoir ses compressions budgétaires à l’ACIA.
« Environ la moitié de nos importations alimentaires totales proviennent des États-Unis. Les coupes massives imposées par Trump à la FDA ont remis en question la qualité de ces importations. Le dernier scandale impliquant Driscoll’s n’est que le dernier exemple en date, mais les inspecteurs et les experts en salubrité alimentaire s’accordent à dire que de nombreux autres pourraient suivre dans les mois ou les années à venir », déclare Milton Dyck, président national du Syndicat de l’Agriculture. « Le scandale chez Driscoll’s prouve qu’il est nécessaire de maintenir et de renforcer un système d’inspection rigoureux pour nos importations alimentaires. Des contrôles rigoureux sont indispensables pour garantir que les aliments qui se retrouvent dans vos assiettes sont salubres. Et pourtant, le gouvernement Carney sape progressivement la capacité de l’ACIA à s’acquitter correctement de sa mission. »
Les Canadiens devraient s’inquiéter de la salubrité des produits alimentaires importés des États-Unis, et pourtant, le gouvernement Carney ne fait pas grand-chose à cet égard. L’année dernière, l’ACIA a discrètement mis sur pied une « équipe de travail sur les risques liés aux États-Unis » afin de surveiller les répercussions des compressions budgétaires imposées par Trump à la FDA. La réduction de la capacité d’inspection de la FDA a également été citée comme un facteur ayant contribué à la détection tardive de l’énorme éclosion de Cyclospora dans la laitue l’été dernier, qui a infecté environ 20 000 Américains avec une « diarrhée explosive » et causé deux décès au Michigan.
« L’incident Driscoll’s constitue un test de résistance pour notre système de salubrité alimentaire », explique M. Dyck. « Heureusement, personne n’est tombé malade après avoir consommé ces baies, mais l’incident a déjà donné lieu à un recours collectif au Québec. L’ACIA avait déjà admis qu’elle aurait de la difficulté à gérer plusieurs situations d’urgence simultanément avant même que Carney ne procède à ses compressions budgétaires. Compte tenu de la qualité incertaine des aliments que nous pourrions désormais importer des États-Unis, quand le gouvernement Carney prendra-t-il les mesures nécessaires pour soutenir l’ACIA et accorder la priorité à la santé de ses propres citoyens? »
Le débat sur l’utilisation des pesticides est revenu dans l’actualité nationale l’été dernier, plusieurs mois avant que les baies de Driscoll’s ne fassent la une des journaux. En juin, le gouvernement fédéral a adopté le projet de loi C-30, qui confère au Cabinet le pouvoir d’autoriser des pesticides auparavant interdits au nom de la « sécurité économique ou alimentaire nationale ». À l’époque, ce projet de loi avait été dénoncé par le Syndicat de l’Agriculture ainsi que par d’autres groupes agricoles et environnementaux.
« L’histoire ne commence ni ne s’achève avec ces baies de Driscoll’s », poursuit M. Dyck. « Le gouvernement doit commencer à écouter les employé-e-s de l’ACIA et les expert-e-s en salubrité alimentaire. Il faut mettre fin aux compressions budgétaires et réinvestir pour faire de la sécurité alimentaire une priorité. »
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