En mai 2025, le Conseil national du Syndicat de l’Agriculture a voté pour fournir un soutien financier et de sensibilisation à l’Association pour les droits des travailleuses et travailleurs de maison et de ferme (DTMF). Ce soutien comprend une subvention de deux ans totalisant 30 000 $, visant à renforcer les campagnes de pression ainsi que la défense des droits.
Formée à l’origine en 1977, la DTMF est une organisation communautaire qui défend les droits de certains des travailleurs les plus marginalisés au Canada — dont beaucoup sont des travailleurs migrants dans les secteurs domestique et agricole. Ces travailleurs font souvent face à des obstacles systémiques, à un emploi précaire et à un accès limité aux protections du travail.

Le Syndicat de l’Agriculture a récemment visité les bureaux de la DTMF à Montréal pour rencontrer leur équipe et en apprendre davantage sur l’organisation. Située dans le presbytère de l’église Saint-Stanislas-de-Kostka dans le quartier emblématique et branché du Plateau à Montréal, cela peut sembler un lieu inhabituel pour une organisation principalement impliquée dans le soutien aux travailleurs agricoles. Cependant, en les rencontrant, il devient rapidement évident qu’ils sont profondément enracinés dans les communautés qu’ils soutiennent. Prenons par exemple Gabriel Allahdua, l’un des agents d’éducation et de mobilisation de la DTMF. Il est venu au Canada de Sainte-Lucie en 2012 pour travailler dans le cadre du Programme des travailleurs agricoles saisonniers à Leamington, en Ontario. Pendant trois ans, il a travaillé dans des conditions extrêmement difficiles et précaires, avant d’obtenir finalement sa résidence permanente canadienne en 2015.
« Au Canada, les travailleurs agricoles migrants doivent travailler selon des taux à la pièce variables, alors que dans mon pays d’origine, j’étais habitué à un taux fixe », nous dit Allahdua. « Cela signifie que le Canada peut constamment changer les règles du jeu. Par exemple, en tant que travailleur de la récolte, je récoltais 2000 livres de tomates en une semaine et j’étais en tête du tableau en vert. La semaine suivante, le taux pouvait changer, et je récoltais 2500 livres de tomates sans être dans le vert. En conséquence, je devais souvent renoncer aux pauses toilettes, réduire mes pauses déjeuner de moitié ou consommer des boissons énergisantes juste pour suivre le rythme. »
Alors que de nombreux travailleurs au Canada ont des recours pour faire face à des employeurs abusifs, les travailleurs migrants craignent souvent de s’exprimer de peur de perdre leur emploi et d’être expulsés vers leur pays d’origine.
Allahdua a ensuite écrit un livre sur ses expériences de travail agricole, Harvesting Freedom (Récolter la liberté), publié par Between the Lines en 2023.

Le soutien du Syndicat de l’Agriculture contribuera à renforcer la campagne « Fin au travail non libre pour les migrants » de la DTMF, qui vise à contester les conditions structurelles maintenant les travailleurs migrants dans des cycles de dépendance et de vulnérabilité.
En 2024, la DTMF a lancé un recours collectif constitutionnel pour provoquer un changement sociétal important et, en même temps, obtenir une compensation juste pour les personnes dont les droits constitutionnels ont été violés au Canada.
L’action vise à mettre fin aux mesures canadiennes liant les travailleurs à des employeurs spécifiques et à obtenir une compensation pour les préjudices causés par la limitation des droits des travailleurs protégés par la Charte des droits et libertés.

Aaron Swerdlyk, le 4e vice-président exécutif national du Syndicat de l’Agriculture, a rencontré Gabriel Allahdua pour la première fois lors d’une convention de l’Union nationale des fermiers il y a plusieurs années. Cette rencontre a laissé une impression durable.
« J’ai été profondément inspiré par l’histoire de Gabriel et son travail infatigable », a déclaré Swerdlyk. « Les travailleurs agricoles migrants temporaires travaillent souvent aux côtés de nos membres, mais leurs luttes restent invisibles. Soutenir la DTMF est une façon pour nous de reconnaître cette réalité partagée et d’agir en solidarité. »
Ce partenariat reflète l’engagement plus large du Syndicat de l’Agriculture envers la justice, l’équité et la solidarité dans tous les secteurs du mouvement syndical et de l’industrie agricole. En soutenant la DTMF, le Syndicat contribue à amplifier les voix des travailleurs trop souvent exclus des structures syndicales traditionnelles.
Si vous souhaitez soutenir le travail de la DTMF, vous pouvez utiliser leur outil simple pour écrire une lettre à votre député afin de demander la fin des permis de travail fermés pour les travailleurs migrants. Vous pouvez également considérer de devenir membre de la DTMF ici. Enfin, vous pouvez visiter leur site web pour en savoir plus sur l’organisation ici.
