Ottawa, le 21 septembre, 2026 – Le Syndicat de l’Agriculture et l’Union Nationale des Fermiers sont profondément consternés par l’inaction du gouvernement fédéral face à un rapport de comité unanime, qui recommandait des mesures concrètes pour soutenir la souveraineté alimentaire, la recherche agricole et la sécurité alimentaire au Canada. Intitulé La science dans l’agriculture canadienne et la fermeture des centres de recherche, ce rapport a été déposé au Parlement en mai dernier. Le rapport formulait 20 recommandations, parmi lesquelles figuraient la reconsidération de la fermeture de sept fermes et centres de recherche d’Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC) et l’annulation de la fermeture prévue d’un laboratoire d’analyse des allergènes alimentaires de l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) situé à Longueuil, au Québec.
« La réponse apportée aujourd’hui par le gouvernement à ce rapport lui permet de tourner la page et de passer à autre chose comme si de rien n’était », déclare Milton Dyck, président national du Syndicat de l’Agriculture, qui représente près de 7 000 employés d’AAC et de l’ACIA à travers le Canada. « En conséquence, ils tournent le dos à des centaines d’années de recherche agricole publique. Ils sacrifient des centaines d’emplois de qualité dans les communautés agricoles. Et ils tournent le dos à 3 millions de Canadiens et Canadiennes qui souffrent d’allergies alimentaires et qui dépendent du travail du laboratoire de l’ACIA à Longueuil. »
« Nous continuons de croire qu’il est encore temps de sauver ces centres de recherche de l’AAC », affirme M. Dyck. « Malheureusement, les techniciens de recherche qui y travaillaient, nos membres, ont trouvé d’autres emplois. Mais les installations existent toujours. Les fermes et les équipements sont toujours là. Dans le cas des fermes de recherche de Nappan et de Lacombe, le bétail est toujours présent. Nous exhortons le gouvernement à donner suite aux recommandations de ce rapport et à rouvrir ces fermes de recherche essentielles. »
« Les essais en plein champ menés à long terme selon les principes de l’agriculture biologique et la recherche sur des systèmes adaptés aux spécificités régionales menées dans ces installations constituent des atouts scientifiques nationaux qui, une fois perdus, ne pourront plus être recréés », déclare Phil Mount, vice-président chargé des politiques à l’Union Nationale des Fermiers. « Les maigres économies réalisées grâce à ces fermetures en disent long sur le peu de compréhension et d’importance que ce gouvernement et le ministre accordent au retour sur investissement dans la recherche, ou à la résilience des communautés agricoles régionales. Les « économies » de l’AAC se feront au détriment des agriculteurs, qui perdront soit la capacité de sélection de semences adaptées aux conditions régionales, soit les essais régionaux sur les fourrages pour le bétail, les rotations culturales, la santé des sols, l’agriculture biologique et régénérative. Le secteur privé n’a aucun intérêt à combler ces lacunes en matière de recherche, contrairement à ce que prétend le gouvernement. Le maintien des capacités de recherche agricole du secteur public est crucial et tout à fait possible : il suffirait d’acheter un F-35 de moins aux Américains pour que nous puissions garder ces stations ouvertes pendant les 20 prochaines années. »
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