Message de fin d'année du président national
(Affiché le 20 décembre 2007)
Chères consœurs et chers confères,
Vous n’êtes pas sans savoir que les relations de travail dans la fonction publique fédérale sont toujours quelque peu épineuses! Quoi qu’il en soit, l’année qui vient de s’écouler a vu de véritables progrès et a aussi été le théâtre de réalisations pour les membres du Syndicat de l’Agriculture.
Je suis profondément convaincu que notre syndicat n’a jamais été aussi fort. Je suis extrêmement fier du formidable travail accompli par nos militants et de l’appui apporté par nos membres. Nous avons démontré qu’en travaillant ensemble, en faisant preuve de solidarité, nous pouvons obtenir des gains intéressants. Notre Congrès national triennal qui aura lieu en août prochain à Québec, sera une autre occasion de faire avancer un peu plus notre syndicat.
Chaque jour, les représentant(e)s du Syndicat de l’Agriculture, à quelque niveau que ce soit, travaillent pour vous : durant les consultations syndicales-patronales… lors des représentations de griefs… au sein des comités de la santé et sécurité… pour régler les problèmes de classification… pour apporter de l’aide aux employé(e)s… pour régler les préoccupations liées aux langues officielles… ainsi que dans un grand nombre d’autres domaines qu’il n’est pas possible de citer car la place nous manquerait!
Si l’on regarde devant nous, on s’aperçoit que tous les yeux sont tournés vers le résultat de l’actuelle ronde de négociations pour nos membres employés par le Conseil du Trésor.
Le Syndicat de l’Agriculture a été fort bien représenté et a défendu « becs et ongles » les intérêts de nos membres à la Conférence nationale sur la négociation organisée au début de cette année par notre agent négociateur, l’Alliance de la fonction publique du Canada. Nous sommes parvenus à faire élire des délégué(e)s de notre syndicat à chacune des quatre équipes de négociation de l’Alliance. Nous adressons à ces membres – Michele Coe, Section 48; Steve Van Opstal, Section 40229; Darrell-Lee McKenzie, Section 43; et Julie Chevalier, Section 10377 – nos meilleurs vœux de succès dans le cadre de ce travail très important qu’ils vont accomplir au cours des prochains mois.
Au moment où je rédige le présent rapport, fin novembre, l’Alliance siège « à la table » avec l’employeur depuis plusieurs semaines. Comme cela semble être toujours le cas, les négociateurs du Conseil du Trésor ont abordé ces discussions en pensant avant tout à nous retirer un certain nombre des avantages que nous avons acquis de dures luttes.
Y aura t il une grève en 2008? Honnêtement, je ne peux répondre à cette question. Il ne fait toutefois aucun doute que nous, et l’Alliance, ferons tout notre possible pour l’éviter. Toutefois, nous ne sommes pas pour autant disposés à « nous mettre à plat ventre » et à rester inactifs devant un gouvernement qui considère prioritaires les réductions d’impôts pour les grandes entreprises plutôt que de s’occuper des services aux Canadiens et Canadiennes ordinaires. Préparons nous à tout résultat possible des négociations, faisons preuve d’un grand sens tactique, et cherchons un moyen d’envoyer un signal très fort à l’employeur pour lui faire comprendre qu’il ne doit pas nous prendre pour acquis.
Dans le cadre de ces préparatifs, le Syndicat de l’Agriculture a lancé une campagne durant toute l’année dans le but de recruter les cotisants « Rand », soit les collègues qui, pour une raison ou une autre, n’ont jamais rempli de carte d’adhésion au syndicat. Grâce à un formidable effort collectif de la part de nos sections locales, nous sommes parvenus à faire adhérer près de 1000 nouveaux membres. Ce grand élan d’unité parmi les sections locales est à la fois le bienvenu et opportun.
Nous avons de bonnes nouvelles à annoncer à nos membres de l’Agence canadienne d’inspection des aliments, en ce qui a trait aux négociations. En effet, nous sommes parvenus à négocier une nouvelle convention collective, rétroactive au 1er janvier dernier. Toutefois, ce contrat d’un an arrive à expiration à la fin de l’année présente, soit 2007. Par conséquent, dans peu de temps nos membres de l’ACIA vont devoir, de nouveau, se concentrer sur une nouvelle série de négociations.
La conclusion d’une entente provisoire sur les services essentiels avec l’ACIA est un signe encourageant. Une ESE détermine quels postes de l’Agence sont jugés essentiels pour la santé et la sécurité du public, les membres occupant de tels emplois ne pouvant participer à une grève. Cet accord est une première pour les deux parties concernées, alors que les ESE remplacent l’ancien processus de « désignation ».
Les questions liées aux descriptions de travail et à la classification nous ont grandement préoccupées au cours des 12 derniers mois, et il semble bien que la même situation va se reproduire en 2008.
En juin dernier, nous avons pris note de la nomination d’une nouvelle présidente à l’ACIA, soit celle de Mme Carole Swan. Qu’il s’agisse d’une coïncidence ou non, nous avons constaté ces derniers mois un déblocage de la situation relativement à l’Examen PI qui ne semble jamais vouloir finir. Le Syndicat de l’Agriculture et la direction de l’ACIA ont conjointement annoncé une importante décision en matière de classification découlant de cet Examen PI, ce qui constitue un événement depuis que nos membres ont déposé des milliers de griefs en 2000. Bien qu’il s’agisse là d’un développement important et positif, nous n’en reconnaissons pas moins la nécessité de régler un certain nombre de questions toujours en suspens.
La haute direction de l’Agence a également donné son feu vert pour procéder à un examen attendu depuis longtemps des descriptions de travail de nos membres EG employés à la Direction scientifique de l’Agence.
Dans le même ordre d’idées, Agriculture et Agroalimentaire Canada a entrepris la Phase II de son étude pour déterminer si nos membres GL ont des descriptions de travail complètes et exactes. Cette tâche nécessite des visites sur place pour recueillir des données, puis de rédiger des descriptions de travail. Nous espérons que les descriptions GL seront une bonne fois pour toutes mises au point d’ici le printemps.
Grâce aux mesures énergiques prises par notre syndicat, nous sommes parvenus à protéger les emplois de nos membres à l’École des langues des Forces canadiennes, à Saint Jean (Québec). Nous avions en effet contacté le ministre de la Défense de l’époque, Gordon O’Connor, après la publication dans les médias de rapports selon lesquels à la mi mars les nouveaux règlements du ministère de la Défense nationale entraîneraient la disparition des critères de longues dates selon lesquelles les officiers des Forces armées canadiennes doivent bien connaître les deux langues officielles.
Le Syndicat de l’Agriculture a aussi adressé directement un courrier à tous(toutes) les député(e)s et sénateurs(trices). Tout en soulignant les préoccupations que nous cause la sécurité d’emploi de nos membres chargés de la formation linguistique, nous avons insisté sur l’énorme impact sur les politiques sur les langues officielles au niveau fédéral et sur l’efficacité opérationnelle des Forces armées. À titre de suivi, nous avons organisé une conférence de presse conjointe sur la colline du Parlement avec le Bloc québécois pour exercer encore un peu plus de pressions sur un gouvernement conservateur bien décidé à faire une percée politique au Québec lors de la prochaine élection fédérale.
Toute cette activité a suscité un grand intérêt parmi les médias au Québec, et au bout du compte le ministre de la Défense nationale, Gordon O’Connor, a garanti à nos membres de Saint Jean que leurs emplois et les installations elles mêmes ne seraient pas menacés de suppression ou de fermeture.
Nous n’avons toutefois aucune raison de nous reposer sur nos lauriers! En effet, le gouvernement Harper a créé un « groupe d’experts indépendant » composé de quatre personnes, qui présentera un rapport au président du Conseil du Trésor sur le transfert éventuel de la gestion des laboratoires fédéraux aux universités ou bien au secteur privé. La gestion des laboratoires fédéraux à vocation non réglementaire par Agriculture et Agroalimentaire Canada pourrait bien ainsi changer de main. Il s’agit là de l’une des nombreuses préoccupations sur lesquelles nous allons nous pencher très étroitement à l’entrée de la nouvelle année.
J’ai bien dit « nous », parce que, bien entendu, le président national n’est qu’un membre d’une équipe nombreuse qui constitue le Syndicat de l’Agriculture. Nos membres des Exécutifs de section locale sont des bénévoles qui ne ménagent pas leurs efforts et qui sont dévoués pour garantir que les intérêts de nos membres sont protégés sur les lieux de travail, c’est pourquoi ils méritent nos remerciements les plus sincères. Il en va d’ailleurs de même pour l’ensemble du personnel du Syndicat de l’Agriculture qui est toujours prêt et plus que capable de faire « ce petit plus » pour défendre nos membres.
Je vous souhaite toutes et tous une excellente santé, du bonheur et beaucoup de joie alors que nous entrons dans une année qui sera sans aucun doute à la fois passionnante et mouvementée. Grâce à votre aide et à votre soutien constants, nous garantirons que le Syndicat de l’Agriculture continuera de protéger avec vigueur les droits de l’ensemble de nos membres.
Syndicalement,
Yves Ducharme
Président national