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Du déjà vu! La CRTFP décide que l'ACIA a suspendu à tort
le vétérinaire responsable à la suite de plaintes de l'industrie
Erratum - Modification de la méthode de sélection des équipes
de négociation pour améliorer les négociations avec l'ACIA
Un nouvel agent syndical temporaire au Bureau national
Mise-à-jour - Examen EG à l'AAC
Du
déjà vu! La CRTFP décide que l’ACIA
a suspendu à tort le vétérinaire responsable
à la suite de plaintes de l’industrie
(Affiché le 18 mai 2006)
Nous
avons déjà vu ce scénario! Dans
un article publié en première page de son
édition du 16 mai, le Globe and Mail rapporte
qu’un vétérinaire en chef a été
suspendu de ses fonctions d’inspection régulières
à un établissement de la Nouvelle-Écosse
après que l’industrie se soit plainte de son
taux « excessif » de condamnation de produits.
L’Agence
canadienne d’inspection des aliments avait prétendu
que la suspension d’un mois était uniquement
« administrative » et non disciplinaire.
Le Dr Scott Frazee et son syndicat décidèrent
se soumettre la suspension à l’examen de la
Commission des relations de travail dans la fonction publique.
La
CTRFP reconnut alors que la suspension en question était
bien une mesure disciplinaire et qu’elle n’était
pas fondée, aussi ordonna-t-elle que le dossier personnel
de l’employé ne comporte aucune mention à
cet effet. En outre, elle décida que l’ACIA
avait violé la convention collective en ignorant
la demande du Dr Frazee pour qu’une enquête
ait lieu sur l’ingérence de l’industrie
dans l’exécution de ses fonctions.
La
Commission a en outre ajouté que le comportement
de l’industrie était équivalent à
« du harcèlement et de la coercition »
en s’ingérant dans ses fonctions d’inspection.
Elle ordonna donc à l’ACIA de faire
enquête et de prendre des mesures rectificatives au
sujet de l’ingérence en question.
Il
est proprement scandaleux que de nos jours, alors que le
public est en droit de s’inquiéter de la sécurité
de la chaîne alimentaire, l’employeur cède
aux pressions de l’industrie privée et discrédite
l’opinion professionnelle des vétérinaires
et des inspecteurs des aliments.
En
fait, aussi répréhensible que cela puisse
être, un certain nombre d’inspecteurs du Syndicat
de l’Agriculture ont subi le même sort que celui
du Dr Frazee.
Voici
notre traduction de l’article du Globe and Mail
:
La
rigueur des normes des inspecteurs des viandes débouche
sur une querelle de trois ans avec les patrons
Le Dr Scott
Frazee est vétérinaire à l’Agence
canadienne d’inspection des aliments depuis dix ans,
et il sait tout des pressions que subissent les inspecteurs
des viandes de la part de l’industrie de l’alimentation.
Il ne s’attendait toutefois pas à voir ses
propres patrons, à l’Agence, céder aussi
rapidement à ces pressions, risquant de la sorte
de mettre la salubrité des aliments en jeu.
« J’ai été véritablement
choqué », a t il déclaré depuis
son domicile de Berwick en Nouvelle Écosse. «
Il est difficile de faire son travail même avec de
l’aide, mais dans ce cas ci il n’y avait aucune
aide de la part de mon propre employeur. »
Au cours des trois dernières années, le Dr
Frazee n’a cessé de se battre contre l’Agence
canadienne d’inspection des aliments (ACIA) sur la
façon dont elle s’occupe des plaintes sur ses
inspections des aliments chez Larsen Packers Ltd., un établissement
d’abattage des porcs en Nouvelle Écosse, dont
est propriétaire Maple Leaf Foods Inc.
Cet établissement, l’un des plus grands dans
les provinces de l’Atlantique, emploie environ 600
personnes et traite quelque 2 000 porcs par jour. Le Dr
Frazee est entré à l’Agence en 1996
et est le vétérinaire en chef chez Larsen
depuis 1997, dirigeant une équipe de l’ACIA
comprenant un autre vétérinaire et six inspecteurs
des viandes.
Lorsque le directeur de l’établissement, Mike
Larsen, et un groupe de producteurs de porcs se plaignèrent
que le Dr Frazee rejetait beaucoup trop de porcs, l’Agence
l’a alors suspendu de son travail à l’étage
de l’abattage et a procédé à
un examen de ses techniques d’inspection.
Malgré trois évaluations indépendantes
confirmant la bonne conduite du Dr Frazee, ses fonctions
n’en furent pas moins limitées après
que M. Larsen et les producteurs de porcs soumirent leurs
plaintes au niveau du directeur régional de l’Agence.
Dans une lettre adressée à un responsable
supérieur de l’Agence, un groupe de producteurs
de porcs indiquait que si le Dr Frazee n’était
pas écarté de ses fonctions, ils amèneraient
leurs porcs vers d’autres établissements. «
Aucune autre option n’est acceptable », concluait
la lettre.
Le Dr Frazee a retrouvé son poste le 25 juin 2003,
après deux mois de lutte entre l’établissement
et l’ACIA, mais ses collègues inspecteurs ont
été choqués par les mesures prises
par l’Agence.
Après sa réintégration, le Dr Frazee
demanda à l’Agence de se pencher sur la façon
dont elle avait traité la situation, prétendant
que l’Agence avait cédé à des
mesures d’intimidation. Sa demande ayant été
ignorée, il porta l’affaire devant la Commission
des relations de travail dans la fonction publique. L’ACIA
rejeta ses allégations et prétendit, devant
la Commission, qu’elle avait fait de son mieux pour
régler une situation difficile.
Dans
une décision rendue la semaine dernière, la
Commission a appuyé le Dr Frazee et ordonné
à l’Agence de revoir sa façon d’agir.
Le juge Léo-Paul Guindon décida en effet que
les demandes répétées de M. Larsen
et des producteurs en vue de se débarrasser du Dr
Frazee, n’étaient rien d’autres que des
mesures « de harcèlement et de coercition ».
«
L’objectif évident de l’industrie était
de renvoyer le Dr Frazee de l’étage de l’abattage
et, par la suite, de l’établissement de Larsen
Packers Ltd. », a déclaré M. Guindon
dans sa décision. Il a ajouté que l’Agence
avait envoyé le mauvais signal en suspendant le Dr
Frazee avant d’évaluer convenablement les plaintes.
Jeanette Jones, porte-parole de Maple Leaf, a indiqué
que l’entreprise et M. Larsen ne savaient pas que
la question avait été transmise à la
Commission des relations du travail. Elle a indiqué
qu’elle examinera la décision et apportera
les modifications nécessaires. « Les
vétérinaires jouent un rôle important
et précieux à ces installations », a
indiqué Mme Jones.
Un porte-parole de l’ACIA a fait savoir que l’Agence
examine la décision.
Le tribunal a par ailleurs appris que le cas du Dr Frazee
n’était pas le premier de ce genre. «
Cela devient beaucoup trop fréquent à cette
Agence », a déclaré Maureen Harper,
vice présidente de l’Institut professionnel
de la fonction publique du Canada, qui représente
les vétérinaires, dans une lettre déposée
à la Commission. « La direction de l’établissement
dépose une plainte auprès de l’ACIA
si elle considère qu’un vétérinaire
est beaucoup trop strict dans l’exécution de
ses fonctions, ce qui lui cause une perte économique,
après quoi l’ACIA retire le vétérinaire
de son travail pour que l’industrie soit satisfaite.
Et nous avons le « culot » de nous appeler ‘Agence
de réglementation’! »
Les pressions exercées par l’industrie préoccupent
grandement les vétérinaires, un peu partout
au pays, a déclaré Alan Phillips, dirigeant
syndical qui représentait le Dr Frazee. Selon M.
Phillips, un grand nombre de vétérinaires
quittent tout simplement leur travail à cause du
stress qu’ils subissent. Il a ajouté que le
Dr Frazee avait été le premier à se
défendre et que son cas avait déjà
entraîné d’importants changements.
Le Dr Frazee, âgé de 37 ans, travaille toujours
à l’établissement Larsen, mais ses relations
avec la direction sont tendues. « Les choses ne sont
dorénavant plus ce qu’elles étaient.
J’aurais aimé que cela ne se passe pas ainsi
», a t il déclaré. « Il est difficile
de garder la tête haute lorsque l’on déambule
le long des couloirs, mais il faut bien garder le sourire,
n’est ce pas! »
